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Un ensemble de quatre “dessous de paysages” me donne à voir la couture filée d’un parcours précis, contournant le simple schéma d’une montagne donnant l’impression d’une ascension sécurisante. Dessous ce support satiné, qui peut briller de simplicité, apparaissent alors, soit des constructions géométriques, soit des circonvolutions organiques. Quatre fois de plus maintenant, le paradoxe entre élémentarité et complexité, me trouble par dessous. Des fils beaucoup plus gros que ceux du premier plan, opposent la rectitude d’un tracé, la construction d’un empilement, à la légèreté agreste du paysage. Ailleurs, c’est de la même façon, mais cette fois par la mouvance de gigantesques doigtés, ou l’enroulement “bibendum” de contorsions, que ce paysage fait flotter sa fragilité dentelée au dessus d’un dessous déstabilisant.
Maintenant il fait bon de retrouver le calme et la tranquillité d’un fil cardé, sans effets, toujours de même épaisseur, et qui va créer en les contournant, des “paysages simples”. Une fois de plus, l’artiste me donne la sensation de simplifier son parcours. J’accompagne les mouvements circulaires et répétitifs de ces fils câblés qui contournent le vide d’un lac, exprimé par l’absence de tout signe couturé. Sans m’y noyer, je découvre l’absence de pesanteur d’un paysage flottant dans l’irréalité d’un rêve suspendu.
Le deuxième “paysage simple” m’offre la possibilité de circuler autour d’une platitude, vide cette fois de toute allusion paysagère. Impossible pour moi d’en faire le tour, car les masses qui le cernent s’ouvrent ou se ferment comme une pince. Celle-ci complique son articulation par des superpositions de faisceaux de fils, qui créent une nouvelle rythmique, excitante et éventuellement phallique. La “simplicité” allusive de ce “paysage” est loin d’être élémentaire!
Le dernier contrairement aux autres, rassemble au fil de son parcours des échantillons géologiques. L’artiste brode falaises porteuses de montagnes en resserrant les soubassements, comme pour déstabiliser leurs assises. Celles-ci sont curieusement mises en péril par les demi-cercles croisés de bulbeux massifs arborés...Oublions cette trop directe lecture paysagère, car là encore je retrouve le geste cousu et ambigu de Brankica, qui semble fermer en ses mains, cette savoureuse croûte terrestre, posée sur les pilotis tremblants de son imaginaire trouble. Ici rien ne tourne autour d’un vide, mais contrairement aux autres “paysages simples”, tout se serre en un objet à déguster, car présenté précieusement unique dans l’espace.

2011 BZC